Écrire, composer, enregistrer, budgéter, organiser sa communication, préparer ses sorties… Les missions d’un.e artiste indépendant.e sont nombreuses, et il est tentant d’en remettre une partie au lendemain. La procrastination touche tout le monde, et souvent encore plus celles et ceux qui ont beaucoup de choses à gérer simultanément. Elle est pourtant l’une des principales freins au développement d’un projet artistique : pas seulement parce qu’elle fait tout faire dans l’urgence, mais surtout parce que reporter de manière chronique finit toujours par coûter plus cher que d’agir.
Comprendre pourquoi on procrastine avant de chercher à y remédier
La première erreur serait de traiter la procrastination comme un simple manque de motivation ou de volonté. Dans la plupart des cas, elle est le symptôme d’un blocage sous-jacent qu’il vaut mieux identifier avant de chercher à le contourner. Manque de clarté sur ce qu’il faut faire, perfectionnisme excessif, peur du jugement, surcharge mentale ou sentiment d’illégitimité : les causes sont nombreuses et varient d’une personne à l’autre. Prendre le temps de vous demander pourquoi vous repoussez telle ou telle tâche spécifique est souvent bien plus efficace que d’appliquer des méthodes génériques à l’aveugle.
Ce travail d’introspection est votre meilleur allié. Une fois que vous avez identifié ce qui vous bloque réellement, vous pouvez adapter votre façon de travailler en conséquence plutôt que de lutter contre un ennemi que vous ne connaissez pas bien.
Cela dit, quelques habitudes concrètes peuvent considérablement vous aider à limiter la procrastination au quotidien. La première est de mieux vous connaître en tant que travailleur.se. À quel moment de la journée êtes-vous le plus efficace ? Quel environnement vous permet de vous concentrer vraiment ? Est-ce que la musique en fond vous stimule ou vous distrait ? Les réponses à ces questions vous permettent d’organiser votre temps de façon bien plus productive, en travaillant avec votre énergie plutôt que contre elle.
Ensuite, l’organisation en amont est indispensable. Se réveiller avec un tas de tâches sans savoir par où commencer est le meilleur moyen de ne rien faire. Prendre quelques minutes chaque fin de journée ou de semaine pour mettre vos idées en ordre, établir une to-do list simple et avoir une vision claire de ce qui vous attend le lendemain change considérablement la donne. Pas besoin d’un planning sur plusieurs mois si cela vous semble trop rigide : l’essentiel est d’avancer pas à pas, avec suffisamment de visibilité pour ne pas vous sentir dépassé.e.
Transformer ses mauvaises habitudes en vraies pauses et savoir déléguer
Un autre réflexe utile consiste à prendre conscience de ce que vous faites réellement quand vous procrastinez. Très souvent, ce ne sont pas de vraies pauses : on traîne sur son téléphone, on scrolle sans but sur les réseaux sociaux, sans pour autant laisser son cerveau se reposer. Or une vraie pause, celle qui vous permet de revenir plus concentré.e et plus créatif.ve, passe par une vraie déconnexion. Sortir prendre l’air, faire une activité manuelle, bouger : ces moments de rupture franche bien plus régénérants qu’une heure passée à procrastiner devant Instagram ou TikTok.
Enfin, et c’est peut-être le point le plus important : si la procrastination devient systématique, elle est peut-être le signe que vous avez trop tiré sur la corde. Les missions d’un.e artiste en développement sont très nombreuses, et il est tout à fait normal de se sentir parfois débordé.e. Dans ce cas, la solution n’est pas de forcer davantage, mais de commencer à vous entourer. Identifier les tâches récurrentes qui vous prennent du temps sans vous apporter de valeur créative, et les déléguer à quelqu’un de compétent, n’est pas un aveu d’échec. Un.e vidéaste pour vos montages, un soutien administratif pour vos dossiers de subventions, un.e community manager pour vos réseaux : chaque aide libérée est du temps retrouvé pour ce qui compte vraiment, créer et avancer.


