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Il y a des titres qui marquent un été, et d’autres qui marquent une génération. En 2010, Waka Waka (This Time for Africa) fait clairement partie de la seconde catégorie. Choisi comme hymne officiel de la Coupe du Monde en Afrique du Sud, ce morceau de Shakira, accompagnée du groupe sud-africain Freshlyground, a transcendé les stades pour devenir un hymne global, festif et fédérateur.

Un tube aux racines multiples

Derrière la production pop calibrée pour les foules se cache un patchwork culturel riche. Le refrain s’inspire directement d’un chant militaire camerounais des années 80, Zangaléwa, popularisé par le groupe Golden Sounds. La chanson originale était un mélange de satire politique et d’humour, et son refrain a été repris presque tel quel par Shakira, dans une version retravaillée et modernisée.

Le clip, tourné entre l’Afrique du Sud et les coulisses de la Coupe du Monde, a été un des plus vus de YouTube en 2010. Et pour cause : entre les images des plus grands joueurs de l’époque, l’énergie de Shakira, et la danse reconnaissable entre mille (qui aurait à coup sûr fait le buzz sur TikTok si l’application avait existé à l’époque !), le cocktail était imparable.

Un titre qui dépasse le cadre musical

Waka Waka a marqué un tournant dans la manière d’aborder les hymnes sportifs. Pour la première fois, une artiste internationale collabore directement avec des musicien·nes africain·es, et place des sonorités locales au cœur d’un projet global. C’est aussi l’un des premiers tubes de l’ère post-YouTube à s’imposer autant par sa vidéo que par son air. À l’époque, il annonçait déjà l’importance du visuel dans la propagation d’un hit.

Le titre a aussi offert à Shakira une nouvelle aura : au-delà de la pop latino, elle devient une artiste capable de porter des messages d’unité, d’inclusion et de célébration collective. Le succès est immédiat, et durable. Encore aujourd’hui, Waka Waka est régulièrement rejoué dans des événements sportifs, des campagnes humanitaires ou des concerts caritatifs.

Entre emprunt assumé et hommage vibrant, Waka Waka a réussi à fédérer un public mondial, tout en valorisant un patrimoine musical souvent oublié. Et c’est précisément cette alliance entre efficacité pop et profondeur culturelle qui en fait l’un des plus grands hits de l’été… et au-delà.